La maladie veineuse superficielle

Affection fréquente
La maladie veineuse touche 57 % de femmes et 26 % des hommes,
les femmes étant concernées plus tôt dans leur vie que les hommes. En France, on dénombre 120 000 à 150 000 nouveaux cas par an ; 18 millions d'adultes se plaignent de troubles circulatoires des membres inférieurs.

Anatomie
Le retour veineux des membres inférieurs s'effectue par deux systèmes largement anastomosés comprenant : le système superficiel assurant 10 % du retour veineux, à l'origine des disgrâces inesthétiques variqueuses et le système profond assurant 90 % du retour veineux. Le système superficiel est réparti en deux grosses veines : la saphène interne et la saphène externe, prenant toutes deux leur origine au niveau des réseaux veineux plantaires et dorsaux du pied.

Physiopathologie
Normalement, en position debout, le retour du sang veineux des membres inférieurs vers le coeur est facilité par les contractions des muscles du mollet qui aplatissent les veines et chassent le sang vers le coeur, celui-ci ne peut refluer du fait de la présence de valvules dans les veines des membres inférieurs (système antireflux). De même, lors de la marche, l'écrasement à chaque pas de la plante du pied, qui forme une sorte d'éponge, propulse le sang dans les veines superficielles.

La maladie veineuse est liée à un retour difficile du sang veineux de la plante du pied vers le coeur. Il s'agit le plus souvent d'une défaillance du système antireflux par dysfonctionnement des valves et/ou de la pompe musculaire du mollet.

Différentes étiologies peuvent être distinguées : les varices essentielles de loin les plus fréquentes, pour lesquelles aucune étiologie nettement définie n'a été retrouvée ; les varices secondaires à une thrombose initiale du réseau veineux profond ; les varices congénitales par anomalie anatomique, les varices d'effort et d'origine traumatique, les varices de la grossesse.


Facteurs de risque
Nous retrouvons : le sexe, l'hérédité, l'âge, l'excès de poids, les traumatismes sur les membres inférieurs, la sédentarité, l'absence d'activité sportive, l'exposition à la chaleur, les facteurs hormonaux (puberté, période pré-menstruelle, ménopause, castration chirurgicale, les hormones fortement dosées en oestrogènes), la répétition d'efforts thoraco-abdominaux.

Manifestations cliniques

Elles sont variées : sensation de jambes lourdes, oedème des chevilles, crampes nocturnes, allant de la simple gêne esthétique par dilatation du réseau veineux superficiel sous cutané (varices, dilatation superficielle de petits vaisseaux sous cutanés) à l'ulcère de jambe compliquant des varices anciennes.

Explorations
Les méthodes d'exploration sont dominées actuellement par les méthodes ultrasoniques.

L'excellent rapport coût-efficacité de l'examen Doppler en fait une technique de base de première intention alors que l'échographie Doppler pulsé en couleurs est la méthode de référence permettant l'étude des reflux superficiels et profonds.

La phlébographie (véritable cartographie du système veineux superficiel et profond opacifié après injection d'un produit de contraste), en net recul, est indiquée lors d'un geste chirurgical.


Traitement
> Médical, essentiellement. Il associe la prise de veinotoniques (renforçant la paroi veineuse et améliorant le tissu veineux), le respect des règles hygiéno-diététiques et les traitements locaux.

Il faut lutter contre les facteurs de risque :
•  lutter contre la stagnation du sang : éviter la station debout prolongée, la sédentarité, le piétinement.
•  lutter contre la chaleur qui dilate les veines : éviter les bains trop chauds, les atmosphères surchauffées, les expositions prolongées immobiles au soleil, les épilations à la cire chaude, les crèmes échauffantes.
•  lutter contre les blocages de la circulation veineuse : éviter de porter des gaines, des vêtements trop serrés à certains niveaux, des chaussettes à élastique de maintien trop fort, des bottes qui enserrent le haut du mollet.
• lutter contre les à-coups de pression sur les parois veineuses ; éviter les sports violents : tennis, squash, saut, athlétisme, aviron, hand-ball, basket-ball, volley-ball, aérobic, haltérophilie.
•  lutter contre les facteurs qui dégradent les veines : éviter de prendre du poids, éviter les hormones trop fortement dosées en oestrogènes.
•  lutter contre la constipation.


Il faut soulager la circulation veineuse déficiente :
• avoir une bonne hygiène de vie, traiter les varices qui apparaissent, car elles majorent la stagnation du sang,
• dormir les jambes légèrement surélevées,
• bouger ses jambes et faire travailler ses pieds lors des positions assises prolongées,
• pratiquer la marche, la natation, la gymnastique douce, le vélo ; ces sports favorisent le retour sanguin,
• corriger les troubles de la statique du pied par des semelles orthopédiques souples,
• porter des talons de 3/4 cm de haut,
• prendre une douche fraîche sur les jambes en fin de toilette.


Les traitements locaux passent avant tout par le port d'une contention élastique efficace, mais aussi par la mésothérapie, le drainage lymphatique manuel, la sclérothérapie.

Le traitement préventif de la prise en charge précoce de toute thrombose veineuse profonde est capital.


> Chirurgical, en dernier recours, en cas d'inefficacité du traitement médical.

Conclusion
La maladie veineuse est une affection qui évolue sournoisement.
N'attendez pas que s'installent les premiers signes révélateurs de l'insuffisance veineuse superficielle, mais prévenez-les par le respect des règles hygiéno-diététiques, votre vie n'en sera que plus agréable et vos jambes ne sauront comment vous dire merci !

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